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Initiative canadienne de vaccin contre le VIH

Vaccin contre le VIH

La découverte et l’utilisation répandue des vaccins constituent l’une des plus importantes interventions de la santé publique du dernier siècle. Plus de 30 maladies infectieuses courantes peuvent être évitées à l’aide de vaccins; en outre, l’une des plus meurtrières, la variole, a été enrayée chez les humains en 1979. L’éradication de la variole a coûté 300 millions de dollars US, alors que les bénéfices de l’initiative ont été évalués à 27 milliards de dollars US sur 20 ans. Les vaccins comptent parmi les interventions de la santé publique les plus rentables qui soient.

Le sida est une maladie qui a déjà emporté plus de 25 millions de personne dans le monde. Comme il n’existe pas de traitement contre le sida, la mise au point d’un vaccin de prévention du VIH, le virus qui mène au sida, constitue la meilleure solution pour ralentir l’épidémie.

Même s’il est tout à fait possible de se protéger contre l’infection au VIH, des millions de personnes sont infectées chaque année. Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) Nouvelle fenetre et l’Organisation mondiale de la Santé Nouvelle fenetre estiment qu’environ 33,2 millions de personnes étaient porteuses du VIH en 2007. Il s’agit de 4,2 millions de personnes de plus qu’en 2001. Ces mêmes organisations estiment que 2,5 millions de personnes ont été infectées en 2007.

Le fardeau du VIH/sida touche surtout les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire (PFR-PRI), comme en Afrique subsaharienne (http://www.acdi-cida.gc.ca/CIDAWEB/acdicida.nsf/Fr/NIC-55134013-NQU?OpenDocument Nouvelle fenetre), dans les Antilles, en Extrême-Orient, en Europe de l’Est et en Asie centrale. Plus de 90 % des personnes porteuses du VIH/sida sont dans des pays en développement. Les jeunes (de 15 à 24 ans) comptent pour 40 % environ des nouvelles infections de VIH chaque année. Chaque jour, 1 200 enfants sont infectés par le VIH dans le monde. En outre, selon les estimations, les femmes infectées en 2007 étaient au nombre de 15,4 millions et représentaient près de 50 % des nouvelles infections.

Le nombre de personnes infectées est aussi à la hausse au Canada. L’ASPC estime que 58 000 personnes étaient porteuses du VIH au Canada à la fin de 2005. Il s’agit d’une augmentation de 16 % par rapport aux estimations de 50 000 en 2002. On estime que 27 % de ces personnes, c’est-à-dire 15 800 personnes, n’étaient pas conscientes de leur état et que, du coup, elles n’étaient pas traitées et pouvaient infecter d’autres personnes sans le savoir.

En définitive, il faut un vaccin sûr, abordable et accessible dans le monde entier pour prévenir le VIH et enrayer l’épidémie de sida afin de mettre fin à ses conséquences sociales et économiques dévastatrices, surtout dans les PFR-PRI. La mise au point d’un vaccin pour prévenir le VIH s’avère toutefois un défi de taille.

Mise au point d’un vaccin pour prévenir le VIH

Les vaccins préventifs enseignent au système immunitaire, avant que le corps ne soit exposé à un virus, la façon de se défendre contre ce virus en créant une réaction immunitaire. Lorsque la personne vaccinée est exposée au virus, son système immunitaire réagit rapidement pour le neutraliser et l’éliminer.

Par « vaccin », on veut généralement dire « vaccin de prévention ». Un vaccin de prévention est conçu à l’intention des personnes qui ne sont pas infectées par la maladie ciblée, comme le VIH. Le vaccin peut empêcher qu’une personne ne soit infectée lorsqu’elle entre en contact avec le virus du VIH et, si l’infection s’installe, il peut ralentir la progression de la maladie jusqu’au sida. Un vaccin thérapeutique serait conçu pour réduire les effets du VIH/sida chez les personnes déjà porteuses du virus.

Plusieurs facteurs compliquent la mise au point d’un vaccin efficace contre le VIH. D’abord, le VIH attaque justement le système immunitaire qui devrait lutter contre l’infection pour laquelle la personne est vaccinée. De plus, il subit des mutations; donc, le système immunitaire a beaucoup de difficulté à cibler le virus. Enfin, le VIH insère des copies de son matériel génétique dans les cellules du système immunitaire et dans d’autres parties du corps; il réussit donc à se cacher pendant des années. Le corps finit par perdre ses mécanismes de protection, ce qui déclenche la maladie du sida.

Le Canada et les autres pays du monde ont entrepris d’importants travaux pour mettre au point un vaccin de prévention du VIH, mais aucun des vaccins produits n’a encore réussi à provoquer des réactions du système immunitaire assez fortes pour protéger contre l’infection. Les chercheurs du monde entier reconnaissent qu’il y a des obstacles scientifiques importants à la mise au point et à l’administration de vaccins contre le VIH. Ces obstacles peuvent seulement être franchis grâce à un engagement ciblé et coordonné à l’échelle mondiale et à un plan d’action soutenu à long terme.

En juin 2004, l’Entreprise mondiale pour un vaccin contre le VIH Nouvelle fenetre a vu le jour avec le soutien de la Fondation Bill et Melinda Gates et des National Institutes of Health des États-Unis. L’Entreprise mondiale est une alliance d’organisations indépendantes, de gouvernements et d’intervenants du monde entier qui veulent accélérer la mise au point de vaccins contre le VIH par l’adoption d’un Plan stratégique scientifique commun (PSS), augmenter le financement des sources actuelles et mobiliser de nouvelles sources, et rehausser la collaboration en faisant la promotion de moyens plus efficaces et plus rapides pour les chercheurs de partager leurs réussites et leurs échecs pour éviter le chevauchement des efforts. Le PSS prévoit la mise en œuvre d’un plan stratégique de recherche sur un vaccin contre le VIH qui couvre la découverte du vaccin, son développement et sa production ainsi que les essais cliniques.

Au Sommet du G8 en 2006, à Saint-Pétersbourg, en Russie, les chefs des pays développés ont confirmé leur engagement envers l’initiative du Sommet de Sea Island qui a donné le feu vert à la création de l’Entreprise mondiale. Ils ont reconnu qu’il fallait « améliorer les capacités scientifiques et techniques dans ce domaine aux échelles mondiale, régionale et nationale ». Ils se sont aussi montrés en faveur de la coordination des activités et de la coopération entre l’Entreprise mondiale et les autres initiatives mondiales et partenariats Nord-Sud actifs dans le domaine. Au Sommet du G8 de 2007 à Heilingendamm, en Allemagne, les chefs ont réaffirmé leur engagement envers l’intensification mondiale des efforts de mise au point d’un vaccin contre le VIH.

Le Canada détient une expertise appréciable dans le développement de vaccins et pourrait grandement contribuer aux efforts mondiaux. En février 2007, le Premier ministre et Bill Gates ont annoncé Nouvelle fenetre qu’un protocole d’entente PDF avait été conclu entre le gouvernement du Canada et la Fondation Bill et Melinda Gates. L’ICVV met en œuvre le protocole d’entente et représente la contribution du Canada à l’Entreprise mondiale. Elle permet aussi de renforcer le rôle du Canada dans la promotion de la sécurité mondiale, de la santé et du développement, surtout dans les PFR-PRI.

Nota : Certains renseignements sont fournis par l’International AIDS Vaccine Initiative Nouvelle fenetre.