Vaccin conte le sida 2008 Octobre 2008 Cap, Afrique du Sud
L'épidémie de VIH/sida sévit partout dans le monde et continue de toucher des millions de personnes. Il demeure évident que la mise au point et la distribution mondiale d'un vaccin préventif offrent la meilleure solution pour ne pas être dépassé par cette infection. Les échecs récents et fortement médiatisés des essais de vaccins contre le VIH, aussi déplorables qu'ils soient, ont eu pour effet d'accroître la détermination de la communauté de recherche à atteindre ce but, chaque échec offrant des enseignements précieux qui contribueront à la réussite finale. Il ne fait aucun doute que l'intensification des efforts se traduira par un dénouement positif.
Pour appuyer la découverte internationale d'un vaccin contre le VIH, le gouvernement du Canada a lancé l'Initiative canadienne de vaccin contre le VIH (ICVV), un partenariat entre cinq ministères fédéraux et la Fondation Bill et Melinda Gates. Cette initiative conjointe reconnaît le besoin d'accorder une attention particulière à tous les aspects de la recherche en vue de trouver un vaccin contre le VIH – de la découverte de base aux questions d'éthique et d'acceptation sociale. C'est pourquoi, dans le cadre du volet Découverte et recherche sociale de l'ICVV, sont lancées d'importantes possibilités de financement ciblant ces derniers aspects. Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et l'Agence canadienne de développement international (ACDI) unissent leurs efforts pour soutenir la découverte d'un vaccin contre le VIH et la recherche sociale, tout en renforçant la capacité en encourageant une participation et une collaboration accrues entre les chercheurs au Canada et dans les pays à faible et à moyen revenu (PFMR).
Au cours d'une consultation tenue en février 2008, la rétroaction du milieu de la recherche sur le VIH a permis de mieux voir quelles possibilités de financement avaient les plus grandes chances de succès. Sur la base des avis obtenus, des concours pour des subventions de fonctionnement et des subventions Catalyseur ont été lancés durant l'été 2008. L'accent a été mis ensuite sur le soutien d'équipes de chercheurs du Canada et de pays en développement intéressés par la recherche et la capacité de recherche liées à la découverte de vaccins contre le VIH et par les recherches connexes, notamment sur l'immunité muqueuse et l'immunité naturelle, ainsi que sur les questions sociales, comportementales et éthiques, comme les réticences culturelles et autres à l'utilisation de vaccins contre le VIH et leur influence sur le comportement. Un appel de demandes pour des subventions d'équipe est censé être lancé au début de 2009.
Pour que cette possibilité de financement soit pertinente et réponde dans toute la mesure du possible aux besoins du milieu de la recherche sur le VIH, l'ICVV a organisé un atelier d'établissement de partenariats en octobre 2008. Tenu à Le Cap comme séance satellite de la conférence AIDS Vaccine 2008, l'atelier a profité du rassemblement de chercheurs internationaux pour essayer de connaître leurs impressions sur le projet d'appel de demandes de l'ICVV pour des subventions d'équipe. Au cours de l'atelier d'une demi journée, les participants de sept pays différents ont écouté des joueurs clés dans le mouvement pour un vaccin contre le VIH, se sont vu présenter en détail la possibilité de financement pour des subventions d'équipe de l'ICVV, et ont fourni leur avis sur la conception du projet. La séance a permis de préciser qu'une approche en équipe était effectivement requise, mais que des améliorations étaient nécessaires pour améliorer l'impact de la possibilité de financement. En plus de précieux points de vue exprimés sur l'administration de l'appel de demandes, on a jugé que les deux grands thèmes suivants demandaient une réflexion plus approfondie :
Les partenaires de l'ICVV sont en pourparlers pour incorporer ces éléments et donner suite aux recommandations découlant de l'atelier dans une possibilité de financement finale qui sera publiée au début de 2009. D'après la réponse et la participation à la séance satellite, on s'attend à des demandes de qualité de la part de chercheurs tant des sciences sociales que des sciences de base une fois le concours en marche.
Dans le monde, on estime à environ 4,1 millions le nombre de nouvelles infections au VIH par année, le taux de prévalence atteignant 25 % dans certains pays. La recherche est nécessaire dans de nombreux domaines liés au VIH/sida, et la recherche axée sur la prévention du VIH est considérée comme une étape cruciale pour maîtriser l'épidémie. Nous avons besoin, à l'échelle internationale, de vaccins préventifs et thérapeutiques contre le VIH qui sont sûrs, efficaces et accessibles partout dans le monde.
Le VIH/sida menace la vie de nombreuses personnes et contribue à accroître la stigmatisation et la discrimination dont sont victimes des individus déjà marginalisés. On craint que sans vaccin viable, le VIH continue de se répandre au rythme actuel, décimant des régions et des pays entiers et annulant les bienfaits des progrès socio-économiques réalisés dans certains PRMF. Par conséquent, étant donné l'absence d'une cure, la recherche et la mise au point de vaccins contre le VIH constituent une priorité pressante.
Les Canadiens comprennent que ce qui se passe au niveau planétaire a une incidence locale et que la recherche canadienne peut avoir un impact mondial sur la propagation du VIH et l'amélioration de la santé et de la qualité de vie des personnes qui vivent avec le VIH/sida. En 2007, l'Initiative canadienne de vaccin contre le VIH (ICVV) a été créée. Cette initiative conjointe, étalée sur cinq ans, du gouvernement du Canada et de la Fondation Bill & Melinda Gates représente une importante contribution du Canada aux efforts mondiaux pour mettre au point un vaccin contre le VIH sûr, efficace, peu coûteux et accessible à l'échelle internationale. Industrie Canada, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), l'Agence canadienne de développement international (ACDI), l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et Santé Canada sont les ministères fédéraux représentant le Canada dans cette initiative. Ensemble, les IRSC et l'ACDI sont responsables de la mise en œuvre du volet Découverte et recherche sociale de l'ICVV, à l'appui d'initiatives de découverte et de recherche sociale et de renforcement de la capacité devant déboucher sur un vaccin contre le VIH. Étant donné le but global d'accès mondial de l'ICVV, un partenariat et une collaboration véritables entre les chercheurs au Canada et dans les PFMR seront essentiels pour le succès de ces initiatives.
Les IRSC et l'ACDI se préparent à lancer un appel de demandes qui aura pour titre « Subventions d'équipe de l'ICVV pour la recherche sur un vaccin contre le VIH » et pour lequel 17 millions de dollars canadiens seront disponibles. Des équipes collaboratives de chercheurs du Canada et de PFMR seront financées dans le cadre du programme de subventions d'équipe des IRSC, dont le but est de renforcer la recherche en santé en venant en aide aux chercheurs talentueux et expérimentés qui mènent des recherches de haute qualité et qui offrent une formation et un encadrement supérieurs. Le programme privilégie la production de nouvelles connaissances et l'application des résultats issus de la recherche en vue d'améliorer la santé et le système de soins de santé.
Les propositions qui présentent des partenariats actifs et enrichissants entre des organismes communautaires et des équipes de recherche en établissement (notamment les universités, les collèges, les hôpitaux et les établissements de recherche affiliés) sont encouragées. L'élément rassembleur qui sous-tend toutes équipes ICVV retenues par les IRSC sera un engagement à l'excellence et la poursuite d'une approche collaborative et axée sur la résolution de problèmes en matière de recherche en santé.
Reconnaissant le besoin de déployer un effort de recherche coordonné et ciblé, l'ICVV et ses partenaires ont organisé un forum où les chercheurs ont pu se rencontrer, échanger sur leurs expériences et se préparer en vue de l'importante possibilité de financement offerte. La conférence AIDS Vaccine 2008 a offert une occasion unique aux membres de la communauté scientifique de commencer à établir et à consolider des partenariats de recherche. Une séance satellite a donc été tenue afin de réunir les chercheurs des divers domaines de recherche sur le VIH. Les chercheurs de toutes les disciplines et de tous les pays pouvaient y assister.
Une importante condition d'admissibilité à la subvention d'équipe de l'ICVV est que les équipes comprennent au moins un établissement d'un PFMR et au moins un établissement canadien, et que chaque équipe financée compte deux co-candidats principaux (un d'un PRMF et un d'un établissement canadien), lesquels seront les directeurs du programme et partageront la responsabilité administrative de la subvention. Un but global de l'atelier était de favoriser ces partenariats. Les chercheurs du Canada et de PFMR ont eu la possibilité de se rencontrer et de discuter de thèmes d'intérêt commun en vue de préparer des demandes pour les subventions. En plus d'offrir aux participants la chance de se rencontrer et de nouer des liens dans un cadre stimulant, le Forum d'établissement de partenariats avait les autres buts suivants :
Il était également prévu que des équipes de chercheurs profiteraient de l'occasion pour commencer à formuler leurs propositions en réponse à l'appel de demandes « Subventions d'équipe de l'ICVV pour la recherche sur un vaccin contre le VIH », qui serait lancé au début de 2009.
Préparer le terrain – Présentations concernant la recherche sur un vaccin contre le VIH
Initiative canadienne de vaccin contre le VIH
Steven Sternthal, Agence de la santé publique du Canada, Ottawa, Canada
Steven Sternthal est le directeur intérimaire du Bureau de vaccin contre le VIH de l'Agence canadienne de la santé publique à Ottawa. Ce bureau a été créé pour fournir des services de secrétariat à l'Initiative canadienne (multiministérielle/organisationnelle) de vaccin contre le VIH. Steven travaille depuis plus de dix ans dans le domaine du VIH/sida, à l'ASPC et auparavant aux Services correctionnels du Canada.
Steven Sternthal a souhaité la bienvenue aux chercheurs et aux représentants des différents pays et établissements. Il a reconnu avec eux qu'aucun secteur ne pouvait régler le problème du VIH/sida à lui seul, et que des solutions passeront forcément par des partenariats innovateurs. Un partenariat nouveau genre annoncé en février 2007 par le premier ministre Stephen Harper et Bill Gates est l'ICVV, dans le cadre duquel le Canada fait sa part pour contribuer à la cause mondiale. Cette initiative est financée par un investissement de cinq ans de 111 millions de dollars du gouvernement du Canada et une contribution de 28 millions de dollars de la Fondation Bill et Melinda Gates. Au sein du gouvernement du Canada, l'ICVV fait intervenir plusieurs ministères et organismes fédéraux déjà engagés dans la lutte contre le VIH/sida et les questions liées aux vaccins, dont l'Agence canadienne de développement international, l'Agence de la santé publique du Canada, Industrie Canada, les Instituts de recherche en santé du Canada et Santé Canada. Les partenariats et l'engagement sont d'importantes priorités de l'ICVV, et des mécanismes devant aider à déterminer la voie à suivre pour former ces partenariats et assurer l'échange d'information entre les différents secteurs de programme sont en train d'être établis.
Quatre programmes de financement sont prévus dans le cadre de l'ICVV, qui sont à différents stades de développement (certains sont déjà établis ou sont en train de l'être tandis que d'autres n'en sont qu'au stade de la consultation ou de la conception). Il y a des subventions de fonctionnement pour la découverte d'un vaccin, une installation pilote de fabrication de vaccin contre le VIH, un fonds d'initiatives communautaires, des subventions Catalyseur et – l'objet de cette séance satellite – les subventions d'équipe pour la recherche sur un vaccin contre le VIH. Les Instituts de recherche en santé du Canada et l'Agence canadienne de développement international sont responsables de la mise en œuvre de ce volet de l'ICVV, qui soutiendra les initiatives de découverte et de recherche sociale et de renforcement de la capacité devant déboucher sur un vaccin contre le VIH.
Un vaccin contre le VIH : et que faire ensuite?
Dr Alan Bernstein. directeur exécutif, Entreprise mondiale pour un vaccin contre le VIH, New York, États-Unis.
Le Dr Bernstein est le premier directeur exécutif de l'Entreprise mondiale pour un vaccin contre le VIH, une alliance internationale de chercheurs, de bailleurs de fonds et de défenseurs de la cause résolus à accélérer le développement d'un vaccin contre le VIH. C'est un chercheur de renommée internationale qui a été le président fondateur des Instituts de recherche en santé du Canada, dont il a fait un des principaux organismes de recherche en santé dans le monde. Alan a mérité de nombreux prix nationaux et internationaux pour sa recherche, et il a fait partie d'un grand nombre d'organismes scientifiques internationaux, dont le conseil scientifique de l'initiative les Grands défis en santé mondiale.
Le Dr Bernstein a résumé l'état actuel du domaine et la direction qu'il doit prendre, et offert un aperçu du rôle que l'Entreprise mondiale pour un vaccin contre le VIH joue dans ce forum.
Avant qu'un vaccin contre le VIH ne devienne réalité, d'importants défis devront de toute évidence être relevés. Des questions scientifiques fondamentales comme la grande diversité des séquences à la compréhension des corrélats immunitaires de protection en passant par les questions plus pratiques des limites des modèles animaux, de l'engagement limité de l'industrie, et des défis politiques, éthiques et réglementaires, il reste encore beaucoup à faire. Les échecs devraient être considérés comme des pas vers des réalisations, et les progrès scientifiques dans chaque revers ne devraient pas être oubliés ni sous estimés. La science, c'est une diversité d'approches, et il sera important de ne pas compter sur une seule approche scientifique, une seule équipe ou un seul pays pour trouver une solution à ce problème mondial. Il faudra intensifier les efforts entre autres choses pour mieux cerner les raisons fondamentales de l'absence de progrès à long terme, mieux exploiter les modèles de primates non humains, ainsi que pour mettre en avant de nouvelles technologies comme la biologie des systèmes, le profilage transcriptionnel, la bioinformatique et la technique de l'ARNi.
Les jeunes chercheurs apportent de l'énergie, de la créativité et de nouvelles approches au domaine, et nous devons trouver des façons de les attirer et de les soutenir pour assurer un bassin durable d'excellents chercheurs. De plus, les chercheurs des pays les plus touchés par le VIH offrent de nouvelles idées et perspectives, et il faut les encourager par des initiatives particulières.
L'Entreprise mondiale pour un vaccin contre le VIH (EMVV) est un partenariat mondial créé par les principaux bailleurs de fonds de la recherche sur le VIH/sida pour trouver le chemin le plus court vers un vaccin sûr et efficace permettant de prévenir le VIH. Elle crée une communauté planétaire où les bailleurs de fonds, les scientifiques, les gouvernements, l'industrie et la société civile travaillent ensemble pour élaborer et mettre en œuvre un plan stratégique mondial afin de mettre au point un vaccin préventif sûr et efficace contre le VIH. L'EMVV représente le milieu de la recherche sur un vaccin contre le VIH :
Pour la suite, l'EMVV se concentrera sur le renouvellement du plan stratégique mondial, une initiative pour les jeunes chercheurs, une initiative en biologie des systèmes et une initiative de recherche préclinique/clinique.
Établir des collaborations de recherche pour la prévention du VIH en Afrique : l'expérience du réseau de prévention Canada Afrique
Dr David Moore, chercheur scientifique, Centre d'excellence de la Colombie-Britannique sur le VIH/sida, Colombie-Britannique, Canada
Le Dr Moore est chercheur au Centre d'excellence de la Colombie-Britannique sur le VIH/sida et professeur adjoint à la Faculté de médecine, Division du sida, de l'Université de la Colombie Britannique, à Vancouver (Canada). De juillet 2005 à décembre 2007, il a travaillé aux Centers for Disease Control des États Unis, comme directeur de projet et cochercheur principal du projet HBAC (soins à domicile pour le sida) à Tororo en Ouganda, dans le cadre duquel différentes stratégies de surveillance d'adultes infectés par le VIH en traitement antirétroviral font l'objet d'un essai clinique randomisé. Le Dr Moore est candidat principal dans la demande du réseau Canada Afrique pour des essais de prévention du VIH (CAPT) et a reçu une bourse de nouveau chercheur des Instituts de recherche en santé du Canada pour une étude du réseau CAPT sur l'efficacité du traitement antirétroviral comme outil de prévention du VIH dans les couples sérodiscordants.
Le réseau Canada Afrique pour des essais de prévention du VIH (CAPT) a été établi en 2006 grâce à une subvention de deux ans de l'Initiative de recherche en santé mondiale. Sur la base de collaborations existantes entre des chercheurs et des cliniciens canadiens dans le domaine du VIH et leurs collègues africains, le réseau comprend cinq centres canadiens et huit centres africains dans trois pays. Les objectifs du CAPT, qui recoupent les deux thèmes principaux que sont la surveillance immunitaire et la capacité de recherche en prévention, sont les suivants :
En presque deux ans de fonctionnement, le réseau a établi le cadre opérationnel nécessaire, a mis en place la capacité et la formation dans les centres, a commencé à générer une capacité de recherche et des connaissances, et a facilité des collaborations avec d'autres réseaux.
Aborder dans un cadre international des problèmes complexes pose des défis particuliers que les équipes qui planifient des demandes de subvention d'équipe de l'ICVV doivent prendre en compte. Dans le réseau CAPT comme dans d'autres collaborations internationales, le nombre de chercheurs sur le VIH est beaucoup plus restreint qu'en Amérique du Nord, et ceux qui sont repérés ont un temps limité à consacrer à des projets individuels, à la rédaction de propositions ou à la rétroaction à des propositions. Il faut former plus de chercheurs débutants (c'est à dire au niveau de la maîtrise et du doctorat plutôt que du postdoctorat) et, une fois qu'ils ont terminé leur formation, songer à leur offrir des postes rémunérés comme chercheurs. Trouver des chercheurs désireux et capables de consacrer beaucoup de temps à des projets africains peut déjà être difficile sans obstacles additionnels. Tous les pays ont des forces et des faiblesses uniques, ce qui fait qu'il n'existe pas d'approche de planification et de mise en œuvre universelle. La concurrence est aussi importante avec d'autres collaborateurs pour les centres africains.
Le financement est un problème de taille, la durée des subventions étant souvent trop courte pour permettre l'établissement réel du projet avant qu'il soit temps de commencer à y mettre fin. Il existe un besoin de financement continu des centres au delà des essais individuels pour permettre à des investissements dans l'infrastructure de soutenir des programmes de plus longue durée. Peu de bailleurs de fonds canadiens ont conçu des programmes qui permettent le financement de projets internationaux, avec le résultat que les ONG internationaux ne peuvent pas être admissibles au financement ou se qualifier comme candidats principaux pour des subventions. De plus, la gestion des fonds sur plusieurs années n'est pas possible avec le financement à court terme d'activités par des comptes déficitaires, et le report de fonds souvent n'est pas autorisé.
Renforcer la capacité de recherche en prévention est un élément critique du développement de la capacité de recherche sur un vaccin, et travailler en réseau peut renforcer dans une grande mesure les centres au niveau local par le développement des ressources humaines et de l'infrastructure physique et administrative, de même qu'au niveau global par la transformation d'idées pertinentes localement en recherche de haute qualité. Relever les défis qui se posent exigera un financement durable, ce que le volet « Découverte et recherche sociale » de l'ICVV contribue grandement à reconnaître.
Aperçu de l'appel de demandes pour des subventions d'équipe
Dr Michael Grant, Division des sciences médicales fondamentales, Université Memorial, Terre-Neuve, Canada.
Le Dr Michael Grant est professeur agrégé d'immunologie à la Division des sciences médicales de base de la Faculté de médecine de l'Université Memorial à Terre Neuve. Tout au long de sa carrière, il a étudié l'immunologie des infections virales chroniques, en particulier l'infection du virus VIH. Il a reçu des honneurs personnels et des fonds de recherche pendant toute sa carrière. Il fait partie du conseil consultatif de l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC, en plus de présider le Comité consultatif de la recherche sur le VIH/sida (CCRVSI) des IRSC.
En prévision du déjeuner causerie et de la séance de rétroaction de l'après midi, le Dr Grant a donné les détails de la version courante de l'appel de demandes pour des subventions d'équipe de l'ICVV. Les objectifs du programme de subventions d'équipe sont de créer des équipes internationalement reconnues de chercheurs du Canada et de PFMR, et de soutenir leurs efforts en vue de contribuer par de précieuses connaissances à la recherche de vaccins contre le VIH; augmenter les capacités de recherche (ressources humaines et infrastructures) en ce qui concerne les vaccins contre le VIH et la recherche sociale connexe au Canada et dans les PRMF; créer des mécanismes de réseautage et d'échange d'information entre les équipes financées dans le cadre de cette initiative et d'autres réseaux et consortiums internationaux pertinents; créer des mécanismes d'apprentissage et de partage continus au sein des équipes financées, et entre ces dernières, notamment des mécanismes d'échange de données et de plateformes et d'accès à la propriété intellectuelle à l'échelle internationale.
On s'attend à ce que de cinq à sept grandes équipes reçoivent jusqu'à 600 000 $ (CAN) par année pour des périodes pouvant aller jusqu'à cinq ans. Pour garantir que tous les thèmes sont explorés, au moins une équipe en sciences sociales ou une équipe mixte (sciences de base et sciences sociales) et au moins une équipe en sciences biomédicales/fondamentales seront financées. Le processus de demande consistera en une lettre d'intention et en une demande détaillée, et les équipes invitées à présenter une demande détaillée seront admissibles à une subvention de développement de 25 000 $. Les équipes doivent provenir d'au moins un établissement d'un PFMR et d'au moins un établissement canadien, et proposer deux cocandidats principaux (un du PFMR et un du Canada) comme directeurs du programme. Les équipes peuvent être formées de chercheurs en sciences de base et en sciences sociales travaillant ensemble, ou entièrement de chercheurs en sciences sociales ou en sciences de base.
Le programme vise à appuyer les équipes nouvelles ou établies possédant un intérêt pour la recherche sur un vaccin contre le VIH et des compétences pertinentes, mais les « nouvelles » équipes doivent démontrer qu'elles ont déjà établi des relations informelles avec l'intention de travailler ensemble à l'avenir. Outre ces critères d'admissibilité, les propositions doivent prévoir des possibilités de formation pour les étudiants et les jeunes chercheurs, aussi bien au Canada que dans les PFMR.
À la lumière de la rétroaction obtenue à une consultation des intervenants qui a eu lieu en février 2008, les thèmes de recherche prioritaires suivants sont suggérés.
Dans le secteur de la recherche sociale :
Dans le secteur de la découverte :
Comme le croit l'Entreprise mondiale pour un vaccin contre le VIH, les progrès passent nécessairement par une plus grande collaboration. Par conséquent, l'appel de demandes pour des subventions d'équipe exige des garanties que les progrès accomplis et les résultats obtenus seront communiqués d'une équipe financée à l'autre. Les équipes sont censées se rencontrer dans des réunions et des symposiums officiels pour échanger sur les progrès/défis et être représentées aux réunions des équipes financées qu'organisera le secrétariat de l'ICVV. Les cochercheurs principaux et leurs équipes respectives dans les PFMR et au Canada sont aussi censés communiquer ensemble de façon périodique. Les propositions seront évaluées par rapport à leurs stratégies définies pour assurer une liaison permanente – à décrire dans la proposition – au sein des équipes et entre les équipes financées.
Les mêmes critères qui sont utilisés pour évaluer les demandes de subvention d'équipe des IRSC en général seront appliqués aux demandes de ces équipes internationales. Par
exemple :
De plus, les éléments uniques de cet appel de demandes seront jugés durant l'examen par les pairs. Ce sont la pertinence et l'impact potentiel, la collaboration et la participation communautaire, le mérite technique, le renforcement de la capacité, l'apprentissage continue et l'évaluation.
Ces points ont été discutés pendant le déjeuner par les participants, qui sont ensuite revenus exprimer leurs commentaires, préoccupations et suggestions.
Conception de l'appel de demandes pour des subventions d'équipe – Rétroaction et discussion
La séance de l'après midi a fourni aux candidats potentiels l'occasion de demander des précisions et d'exprimer leurs préoccupations quant à certains aspects laissant à désirer selon eux du projet d'appel de demandes. La rétroaction obtenue peut être classée sous trois thèmes principaux.
Attirer et retenir de jeunes chercheurs
Les jeunes chercheurs n'ont pas de réseaux établis pour former les partenariats nécessaires pour demander une subvention dans le cadre de cet appel de demandes. Il est généralement admis dans les cercles du VIH (le Dr Bernstein au cours de la rencontre et le Dr Anthony Fauci, des NIH, dans un récent article dans Science l'ont reconnu) que les possibilités sont rares pour les jeunes chercheurs. Bien que le programme des subventions d'équipe prévoie des possibilités de formation, les auteurs de l'appel de demandes doivent garder à l'esprit que les jeunes chercheurs ont besoin d'aide aussi.
Appuyer les idées et les approches nouvelles
L'objectif du Programme de subventions d'équipe est de renforcer la recherche en santé en venant en aide aux chercheurs talentueux et expérimentés qui mènent des recherches de haute qualité et qui offrent une formation et un encadrement supérieurs. Le programme privilégie la production de nouvelles connaissances et l'application des résultats issus de la recherche en vue d'améliorer la santé et le système de soins de santé. Ces résultats pourront être appliqués plus rapidement et plus efficacement avec une subvention d'équipe que si les éléments de cette recherche avaient été financés par une série de subventions de fonctionnement distinctes. Il peut s'agir de nouvelles équipes ou d'équipes établies. Les « nouvelles » équipes doivent montrer qu'elles ont déjà établi des rapports du moins informels dans le but de travailler ensemble. Ces subventions ne visent pas à soutenir la création de nouvelles équipes.
Des questions ont été soulevées au sujet de ce qu'on entendait par « nouvelles » dans cette description. On s'est aussi demandé si le programme laisserait de la place pour l'exploration d'idées nouvelles. Comme la situation change rapidement dans la recherche sur un vaccin contre le VIH, il faudra s'assurer dans l'appel de demandes qu'aucune idée nouvelle ou originale ne reste inexplorée.
Processus de demande et exécution du programme
Pendant tous les échanges, des points particuliers à propos du processus de demande et des éléments d'exécution ont été soulevés. Ces points découlaient de l'expérience des chercheurs déjà engagés dans d'autres partenariats internationaux et ont été amenés aussi bien par ceux qui connaissaient le programme des subventions d'équipe que par d'autres pour qui le processus des IRSC était nouveau. Ces commentaires et suggestions ont été subdivisés dans deux grandes rubriques : coûts admissibles et post administration des subventions. Les coûts admissibles devraient permettre le maintien d'une cohorte, et compte tenu du besoin dans les PFMR, inclure un salaire pour les chercheurs principaux dans ces pays. Le deuxième fil de discussion concernait les exigences relatives à la post administration d'une subvention. Cela comprend l'examen éthique et le protocole d'entente entre les établissements participants – dans tout le Canada et à l'étranger. Le caractère international des équipes entraînera sans aucun doute la prolongation des délais et fera augmenter les coûts nécessaires pour régler les questions de propriété intellectuelle, de transfert de technologie et de certification éthique. Des suggestions de chercheurs financés sont de permettre des protocoles d'entente provisoires, de s'assurer que les équipes comptent des experts dans tous les domaines (p. ex. avocats et spécialistes des brevets,) et d'intégrer de solides plans d'urgence dans le plan de recherche lui même.
Les participants exhortent les IRSC à être aussi clairs et à fournir autant de détails que possible au sujet des éléments requis dans l'appel de demandes en tant que tel pour aider à guider les candidats dans la rédaction de leur proposition.
Le Forum d'établissement de partenariats a permis aux chercheurs de rencontrer leurs collègues de différents pays et d'explorer la possibilité de collaborations internationales dans la recherche sur un vaccin contre le VIH. La rencontre a fourni aux membres de la communauté de recherche une rare occasion de se rencontrer pour échanger des idées et se communiquer leurs avancées, ce qui est un des principes directeurs de l'ICVV.
Surtout, la rencontre a permis aux IRSC et aux partenaires de l'ICVV d'obtenir des points de vue et des avis précieux sur les faiblesses et les forces de l'ébauche d'un appel de demandes pour des subventions d'équipe. La rétroaction sur la conception de l'appel de demandes et les observations au sujet du processus de demande lui même seront utiles pour la rédaction de la version définitive de la possibilité de financement, qui sera publiée sous peu.